APRÈS LES 150 ANS DE LA PHOTOGRAPHIE EN 1989, L’ANNONCE D’UN BICENTENAIRE EN 2026-2027 DOIT REPLACER LA PHOTOGRAPHIE DANS SON CONTEXTE ACTUEL. ET, À L’HEURE DE L’IA GÉNÉRATIVE, PERMETTRE À LA PHOTOGRAPHIE DE SE RÉINVENTER SANS SE DISSOUDRE.

Le Bicentenaire de la Photographie a été présenté et commenté par les six membres de son comité scientifique. Cette présentation s’est faite au Parlement de la photographie à Paris en Juin 2025.

Tout d’abord, pour Dominique DE FONT-REAULX, l’invention de la photographie a modifié profondément notre relation au monde réel. Pour elle, le Bicentenaire de la Photographie 2026/2027 n’est pas qu’une histoire de dates.

En effet, la caméra obscura existe depuis le XVème siècle. « L’Idée de la Photographie, c’est conserver l’image créée dans la boite optique ».

Ensuite, Alexia FABRE constate, elle, que les photographies numériques sont beaucoup moins tirées sur du papier, même pour la photographie vernaculaire. C’est à dire, la photographie de tous les jours ou la photographie de famille encadrée.

En fait, la photographie numérique pose la question de la qualité de sa conservation sur un support pérenne. C’est en effet, moins le cas, avec la photographie analogique. Les négatifs et supports en papier argentique sont plus fiables.

Pour Eléonore CHALLINE, le Bicentenaire de la Photographie 2026/2027 arrive au bon moment. Il pose la question : « Comment regarde-t-on l’Histoire de la Photo, aujourd’hui ? ».

De même, Pierre SINGARAVELOU affirme que ce Bicentenaire est l’occasion de mettre en valeur les fonds photographiques français. Il évoque ceux existants ou méconnus. Et il est aussi une bonne opportunité de découvrir de nouveaux fonds.

Ainsi Michel POIVERT pense que les 150 ans de la Photographie fêtés en 1989, ont permis d’amorcer le courant de la photographie contemporaine. Ce Bicentenaire de la Photographie va permettre de ne pas mélanger les termes « Photographie » et « Image ».

Et pour Antonio SOMAINI, l’IA générative par son photoréalisme impacte fortement la Photographie d’aujourd’hui. Cette nouvelle innovation technique nous interpelle. Et il se demande si la  « promptophotographie » est encore de la Photographie. 

Il précise également que l’éducation à l’image et la vidéo, à l’heure des « deepfakes » (ou hypertrucages), est un enjeu et un danger centraux dans notre société d’aujourd’hui.

Pour terminer, il préconise que la photographie est à utiliser en classe pour poser la question de l’empathie (attention portée à l’autre). Mais aussi, celle de la réflexivité (sur soi et sur le monde). Le Bicentenaire de la Photographie 2026/2027 se doit donc d’avoir aussi une visée pédagogique.

Remarques :
Le Ministère de la Culture appelle à célébrer en France le Bicentenaire de la Photographie de septembre 2026 à septembre 2027.

Cette célébration est réalisée en hommage au français Nicéphore Niépce. Il est l’inventeur de la première image photographique fixée durablement sur une surface photosensible en 1826-1827.

Comité scientifique du Bicentenaire de la Photographie 2026/2027 - / Viearonde Isabelle Vandromme

Présents de gauche à droite de ce comité scientifique photographié :
la modératrice du débat, Louise TOURRET. Elle est journaliste, productrice de radio, autrice et spécialiste des questions d’éducation.

Puis, les six membres du comité scientifique du Bicentenaire de la Photographie 2026/2027 :
– Antonio SOMAINI, Professeur de théorie du cinéma, des médias et de la culture visuelle à l’Université Sorbonne Nouvelle. Il est aussi membre Sénior de l’Institut Universitaire de France, et commissaire général de l’exposition « Le monde selon l’IA » au Jeu de Paume à Paris.

– Dominique DE FONT-REAULX, Historienne de l’art spécialiste du 19ème siècle et de la photographie, conservatrice générale au musée du Louvre à Paris. Elle est aussi présidente du Point du Jour, centre de photographie à Cherbourg-en-Cotentin, présidente du conseil scientifique du Bicentenaire de la Photographie.

– Eléonore CHALLINE, Maîtresse de conférences à l’Université Paris1 Panthéon-Sorbonne. Elle est membre junior de l’Institut universitaire de France, rédactrice en chef de la revue Photographica.

– Michel POIVERT, Professeur à l’Université Paris1 Panthéon-Sorbonne, commissaire d’exposition. Il est aussi président du Collège International de la Photographie du Grand Paris.

– Alexia FABRE, Conservatrice en chef du patrimoine et directrice des Beaux-Arts de Paris.

– Pierre SINGARAVELOU, Professeur à l’Université Paris1 Panthéon-Sorbonne. Il est aussi spécialiste de l’histoire de la colonisation et de la mondialisation des 19ème et 20ème siècles, commissaire d’exposition.