INCONTOURNABLE DANS LA PHOTOGRAPHIE CONTEMPORAINE, JOAN FONTCUBERTA EST PRÉSENT CET ÉTÉ AUX « RIP » ET « FESTIVAL OFF » D’ARLES. CE PHOTOGRAPHE PLASTICIEN PARLE DE SON REGARD SUR LA PHOTOGRAPHIE ET LA SOCIÉTÉ. UNE OCCASION EXCEPTIONNELLE D’APPROFONDIR SON ŒUVRE PHOTOGRAPHIQUE.

« Il faut toujours un peu de pédagogie dans une expo, sinon on ne comprend pas l’œuvre, surtout si l’artiste n’est pas là pour expliquer son travail ». Face aux éventails agités à cause de la chaleur, Joan FONTCUBERTA parle de son œuvre à l’espace « Chez Arthur et Janine » à Arles.

Son œuvre commence il y a quarante ans. Les hybridations de Joan FONTCUBERTA montraient la photographie comme un mensonge. Elle était un fake encore visible et interpellait le spectateur. Il interrogeait sa véracité.

Sa première série « FAUNA » (1985-1989) est réalisée avec Pere FORMIGUERA (écrivain aussi espagnol). Ils mêlent photographies documentaires, croquis et notes manuscrites aux archives de Peter AMEISENHAUFEN.

Disparu en 1955, ce zoologiste allemand était fasciné par les mutations animales. Les deux artistes s’amusent à créer des animaux hybrides inexistants. Ils interpellent le spectateur avec un dispositif de présentation reprenant les codes de la recherche et la classification des scientifiques.

Aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle générative, la confiance en l’authenticité de l’image disparait de plus en plus. Son rapport au réel change et notre regard aussi.

En effet « La photographie fait monde aujourd’hui. Elle est notre réel car elle est partout et nous entoure » : dit Joan FONTCUBERTA. Et « On est à un moment où on est témoin d’une transformation de l’image de notre histoire visuelle ».

Donc, l’interrogation de Joan FONTCUBERTA sur l’image photographique porte à présent sur : « Qu’est-ce qu’il se passe quand la photographie perd la mémoire ? ».

Pour ce faire, Joan FONTCUBERTA pense qu’« il faut adopter une image, ne pas se l’approprier ou la voler. Il faut la choisir si elle a un sens pour soi. C’est ainsi qu’il est possible d’aborder la culture de l’image et donner une nouvelle âme à l’image ».

Pour son exposition « Trauma », le photographe plasticien adopte des photographies documentaires malades et rejetées par les collectionneurs. Ensuite, leur blessure physique est mise en exergue par leur agrandissement sans aucune retouche ou effet graphique.

Ainsi, Joan FONTCUBARTA veut nous montrer que la gélatine photographique est organique et que les images « vraies » naissent et disparaissent. Pour Joan FONTCUBERTA, lorsque la représentativité de l’image disparaît, il se passe que « l’âme de l’image s’en va et il reste son corps… ».

Sans chercher à esthétiser ces images, Joan FONTCUBERTA souhaite leur redonner une nouvelle vie en interrogeant leur devenir comme documents et comme archives. Loin de simplement célébrer le « Ça a été » de Roland BARTHES, il en questionne au contraire la valeur documentaire et la capacité de la photographie à attester du réel.

Pour Joan FONTCUBERTA, nous sommes dans la post-photographie. Les images artificielles génératives mènent à une pollution visuelle et à une « iconoghagie » des images. Des images que nous sommes contraints d’avaler ou que nous mangeons goulûment pour s’en approprier les vertus.

Pour tenter d’éviter l’indigestion dit Joan FONTCUBERTA : « nous devons essayer de tendre vers une économie de l’image sauf si elle apporte une originalité ».

Remarques :
– Joan Fontcuberta était présent chezarthuretjanine.org à Arles. Exposition « Trauma » du 9 juillet au 2 août 2026.
– Un extrait de « Fauna » est exposé à La Mécanique Générale à Arles. Exposition «  Modèle animal : 200 ans de photographie » du 6 juillet au 4 octobre 2026.
– Roland BARTHES : « La chambre claire », Ed. Gallimard, 1980.
– Joan FONTCUBERTA : « Manifeste pour une post-photographie-L’excès et l’accès nous oblige à repenser notre relation à l’image », Ed. Actes Sud, 2022.

 

Joan Fontcuberta à l'Expo "Trauma" à Arles-Viearonde2026

Joan Fontcuberta à l’exposition « Trauma ».
Viearonde 2026

Expo "Trauma" exemple d'une installation de Joan Fontcuberta à Arles en 2026.

Installation de Joan Fontcuberta (expo « Trauma »).
Viearonde 2026.

Expo "Trauma" détail d'une installation de Joan Fontcuberta à Arles en 2026.

Détail d’une installation de Joan Fontcuberta (expo « Trauma »).
Viearonde 2026

Expo "Trauma" exemple d'une œuvre de Joan Fontcuberta à Arles en 2026.

Exemple d’une œuvre de Joan Fontcuberta (expo « Trauma »).
Viearonde 2026

Expo "Trauma" détail d'une œuvre de Joan Fontcuberta à Arles en 2026.

Détail d’une œuvre de Joan Fontcuberta (expo « Trauma »).
Viearonde 2026