LA PRÉSENCE DE PATRICK TOSANI AU PÔLE ARTS PLASTIQUES DE TOURCOING EN MARS 2024 EST EXCEPTIONNELLE. ELLE EST LIÉE À L’EXPOSITION COLLECTIVE « LE PARTI PRIS DES CHOSES » DU CRP ET À L’ENTREMISE DU CEAC.

L’amphithéâtre du Pôle Arts Plastiques de Tourcoing affiche complet. Le public est là pour écouter « la vision sur les choses » de Patrick TOSANI. Il l’aborde à partir d’une sélection d’œuvres projetées chronologiquement.

Pour commencer, la toute première œuvre de ce photographe contemporain, s’intitule  « Champ extérieur ». Elle date de 1978. Elle se compose de vingt photographies argentiques en noir et blanc. Et elles sont tendues et accrochées sur du bois. Cette œuvre est le fondement de sa réflexion sur la photographie : « ce qu’elle peut et ne peut pas faire ».

Pour Patrick TOSANI, « La photo n’est plus un process de représentation mais un outil d’expérience (…) et chaque prise de vue photographique est une expérience en soi (…) et amène à une autre expérience (…) et chaque image est un moyen d’expression ».

De même, suivra sa série « Les glaçons ». Elle est une métaphore du gel de l’image. Et Patrick TOSANI évoque de ces photographies une « mise en espace concrète avec des outils et des matériaux concrets dans un environnement technique qui est la photographie ».

Ensuite, avec sa série « Les cuillères » de 1988, l’artiste passe des éléments naturels (eau et feu), aux objets. Finalement, il tient ce propos emblématique de la photographie plasticienne : « La photographie est un objet actif qui se déploie dans l’espace ». Par exemple, avec « H », un tirage noir et blanc de 182×120 cm.

Quant à la série « Les masques » de 2004, elle permet à la photographie de « redonner à l’objet photographié une autre corporéité ». D’ailleurs, le photographe dit : « La recherche d’une épaisseur à la photographie est vaine, elle permet d’expérimenter l’image. ».

En effet, une image projetée sur une maquette ou un volume permet seulement « d’amener l’intériorité d’une chose sur la chose. Par exemple, avec la photographie « Paysage » réalisée en 2006 de 164×212 cm.

Bref, « La photographie est-elle une trace concrète du réel ? ». Le photographe plasticien se pose cette question depuis 2015. Et il tente d’y répondre par la science (« QR1-3019 », 2020-54×70 cm) ou plus récemment par ses dispositifs à miroirs (« Sans titre », 2023).

Remarques :
Le CRP (Centre Régional de la Photographie) se situe dans un centre d’art au cœur du bassin minier à Douchy-les-Mines. Il est doté d’une collection remarquable de photographies. Et il développe des missions dans le champ de l’image contemporaine.

Le CEAC (Centre d’Études des Arts Contemporains) est une Unité de Recherche sur les processus et les formes de création. Et cela, depuis l’aube du XXèmesiècle jusqu’à nos jours. Ce laboratoire se rattache à l’Université de Lille.